Le biceps brachial est probablement le muscle le plus connu du corps humain. Souvent associé à la force et à l’esthétique du bras, il joue pourtant un rôle bien plus complexe qu’il n’y paraît. En plus de participer à la flexion du coude, il est le principal supinateur de l’avant-bras et contribue à la stabilisation de l’épaule grâce à sa longue portion.

En pratique clinique, le biceps brachial est impliqué dans de nombreuses pathologies, notamment les tendinopathies, les lésions SLAP, les ruptures tendineuses et les instabilités de la longue portion.

Dans cet article, découvrez son anatomie, ses insertions, ses fonctions, ainsi que ses rapports anatomiques, son innervation, sa vascularisation et les principales pathologies qui peuvent l’affecter. Vous apprendrez également les principales techniques de palpation, les tests cliniques, les étirements et les exercices permettant de mieux comprendre ce muscle incontournable du membre supérieur.

Origine (chef long) Tubercule supra-glénoïdien et labrum glénoïdien de la scapula.
Origine (chef court) Apex du processus coracoïde de la scapula (tendon commun avec le coraco-brachial).
Terminaison Tubérosité radiale du radius (moitié postérieure) + expansion aponévrotique vers le fascia antébrachial médial.
Trajet De la scapula au radius, en traversant les articulations de l’épaule et du coude.
Actions principales Supination de l’avant-bras (action prédominante), flexion du coude et flexion de l’épaule.
Actions secondaires Stabilisation de la tête humérale (chef long) et suspension du poids du bras (chef court).
Innervation Nerf musculo-cutané (racines C5-C6, parfois C7).
Vascularisation Artère brachiale et ses branches collatérales.
Pathologies fréquentes Tendinopathie du long biceps, lésion SLAP, instabilité tendineuse, rupture proximale (signe de Popeye) ou rupture distale.
Anatomie du biceps brachial : longue et courte portion, de la scapula au radius

Définition

Le biceps brachial est un muscle fusiforme situé dans la partie antérieure de la région brachiale, plus communément appelée le bras. Il est constitué de deux chefs distincts :

  • Le chef long (ou longue portion), également appelé long biceps brachial
  • Le chef court (ou courte portion), souvent désigné sous le nom de court biceps brachial

Large et épais, ce muscle s’étend de la scapula jusqu’au radius, l’os latéral de l’avant-bras. En raison de son trajet, il traverse à la fois l’articulation de l’épaule et celle du coude. Le biceps brachial est donc un muscle polyarticulaire, capable d’agir sur plusieurs articulations simultanément.

Le biceps brachial appartient à la loge antérieure du bras, où il est accompagné des muscles coraco-brachial et brachial. Sur le plan fonctionnel, il fait partie des principaux fléchisseurs du coude et constitue également un puissant supinateur de l’avant-bras, jouant un rôle essentiel dans de nombreux mouvements du membre supérieur.

Étymologie du terme « biceps brachial »
Bi- Préfixe latin signifiant « deux ». Il fait référence aux deux chefs musculaires qui composent le biceps brachial : le chef long et le chef court.
-ceps Élément dérivé du latin caput, signifiant « tête ». Le mot biceps désigne donc un muscle possédant deux chefs.
Brachial Dérive du latin brachium, qui signifie « bras ». Il indique que ce muscle appartient à la région anatomique du bras.
En réunissant ces différents éléments, le terme « biceps brachial » signifie littéralement :
« Muscle du bras à deux chefs »

Origine

Courte portion

La courte portion du biceps brachial prend son origine sur la partie supéro-latérale de la scapula, au niveau du processus coracoïde (anciennement appelé apophyse coracoïde). Cette saillie osseuse constitue un important point d’ancrage pour plusieurs muscles de l’épaule et du bras comme le petit pectoral et le coraco-brachial.

L’insertion de la courte portion s’effectue sur l’apex du processus coracoïde par l’intermédiaire d’un tendon commun avec le muscle coraco-brachial. Les fibres tendineuses propres à la courte portion du biceps brachial s’attachent principalement sur la partie latérale du sommet du processus coracoïde.

Longue portion

La longue portion du biceps brachial prend également son origine sur la partie supéro-latérale de la scapula. Elle s’insère plus précisément au-dessus de la cavité glénoïdienne, sur une petite saillie osseuse appelée tubercule supra-glénoïdien.

Cette origine est assurée par un tendon cylindrique intracapsulaire, c’est-à-dire qu’il chemine à l’intérieur de la capsule articulaire de l’épaule avant de poursuivre son trajet vers l’humérus.

Origine du biceps brachial sur la scapula : tubercule supra-glénoïdien et processus coracoïde

Terminaison

Les deux chefs du biceps brachial se rejoignent au niveau de la partie moyenne du bras pour former un tendon commun qui se termine sur l’extrémité supérieure du radius.

L’insertion distale du biceps brachial se situe sur la moitié postérieure de la tubérosité radiale.

Cette attache est réalisée par l’intermédiaire d’un tendon aplati, qui distribue également une expansion aponévrotique destinée au fascia antébrachial médial.

Terminaison du biceps brachial sur la tubérosité radiale du radius

Trajet

Sur sa partie proximale, au niveau du processus coracoïde, la courte portion du biceps brachial est partiellement fusionnée avec le muscle coraco-brachial. Elle se dirige ensuite vers la loge antérieure du bras en suivant un trajet oblique vers le bas, l’arrière et le dehors.

Le tendon de la longue portion est quant à lui intracapsulaire, ce qui signifie qu’il traverse la capsule articulaire de l’articulation scapulo-humérale. Il chemine ensuite au-dessus de la tête humérale avant de se loger dans le sillon intertuberculaire, puis dans la gouttière bicipitale de l’humérus, recouverte par le ligament transverse. Cette importante dépression osseuse doit son nom à la présence du tendon du long biceps brachial qu’elle contient.

Les deux chefs musculaires demeurent distincts et indépendants jusqu’à la partie moyenne du bras, où ils se rejoignent progressivement pour devenir anatomiquement indissociables. Ils poursuivent alors leur trajet dans la loge antérieure du bras, de manière superficielle, selon une orientation globalement verticale.

Dans leur partie distale, ces deux chefs délimitent les gouttières bicipitales médiale et latérale. Ils se prolongent ensuite par un tendon terminal qui devient plus profond que le corps musculaire au niveau du coude afin de rejoindre la tubérosité radiale du radius.

Il est à noter que ce tendon contourne la partie antérieure de la tubérosité radiale avant de se fixer sur sa partie postérieure.

Actions

Les actions du biceps brachial découlent directement de son trajet et de ses insertions. En raison de son caractère polyarticulaire, ce muscle agit à la fois sur l’épaule et sur le coude.

Actions dynamiques

Le biceps brachial s’étend de la scapula jusqu’au radius, ce qui lui permet d’intervenir dans plusieurs mouvements du membre supérieur :

  • Au niveau de l’épaule, il participe principalement à la flexion de l’articulation scapulo-humérale.
  • Au niveau du coude, il permet la supination de l’avant-bras ainsi que sa flexion.

Il est important de noter que, contrairement à une idée largement répandue, l’action prédominante du biceps brachial est la supination de l’avant-bras plutôt que la flexion du coude.

En inversion de point fixe, lorsque le coude est fixé, le biceps brachial permet de rapprocher le bras de l’avant-bras. C’est notamment le cas lors d’une traction réalisée en supination, où le muscle contribue à élever le corps vers la barre.

Fonction statique

La longue portion du biceps brachial joue un rôle important dans la stabilisation de la tête humérale lors des différents mouvements de l’articulation scapulo-humérale.

La courte portion du biceps brachial participe également à la fonction statique du muscle en contribuant à la suspension du poids du bras.

Muscles agonistes et antagonistes

Pour la flexion du coude, il travaille en synergie avec le muscle brachial et le muscle brachio-radial. Pour la supination de l’avant-bras, il collabore principalement avec le muscle supinateur.

Ses principaux muscles antagonistes sont les muscles responsables de l’extension du coude et de la pronation de l’avant-bras, parmi lesquels nous retrouvons :

  • Triceps brachial
  • Anconé
  • Rond pronateur
  • Carré pronateur

Relation fonctionnelle avec la coiffe des rotateurs

Bien qu’il ne fasse pas partie de la coiffe des rotateurs, le biceps brachial, et plus particulièrement sa longue portion, entretient une étroite relation fonctionnelle avec celle-ci.

En raison de son trajet au-dessus de la tête humérale et de son insertion sur le tubercule supra-glénoïdien ainsi que sur le labrum glénoïdien, la longue portion du biceps participe à la stabilisation de l’articulation scapulo-humérale. Elle contribue notamment à limiter les déplacements excessifs de la tête humérale au sein de la cavité glénoïdienne.

Cette fonction est complémentaire de celle des muscles de la coiffe des rotateurs, dont le rôle principal est de maintenir la tête humérale centrée contre la glène lors des mouvements de l’épaule.

Chez les sujets présentant une atteinte de la coiffe des rotateurs, plusieurs études suggèrent que la longue portion du biceps peut adopter un rôle compensateur en participant davantage à la stabilisation de la tête humérale.

Rapports anatomiques

Le biceps brachial entretient de nombreux rapports avec les structures musculaires, osseuses, vasculaires et nerveuses du bras. Ces rapports varient selon que l’on considère sa partie proximale, son corps musculaire ou son tendon distal.

Rapports anatomiques proximaux

Courte portion

  • Antérieurement, elle est recouverte par le faisceau antérieur du muscle deltoïde.
  • Postérieurement, se situent les muscles grand dorsal, grand rond et subscapulaire.
  • Médialement, la courte portion répond au bord latéral du muscle coraco-brachial.
  • Latéralement, se trouve la partie proximale de la longue portion du biceps brachial.

Longue portion

  • En superficie, se trouvent le muscle grand pectoral et le faisceau antérieur du muscle deltoïde.
  • En profondeur, la longue portion répond à l’humérus, notamment à la tête humérale, au sillon intertuberculaire et à la gouttière bicipitale.
  • Médialement, se situent le tubercule mineur de l’humérus ainsi que la courte portion du biceps brachial.
  • Latéralement, se trouvent le tubercule majeur de l’humérus ainsi que la crête latérale de la gouttière bicipitale.

Rapports anatomiques moyens

À ce niveau, les deux portions du biceps brachial s’unissent pour former un unique corps musculaire. Elles deviennent alors anatomiquement indifférenciées et présentent plusieurs rapports importants.

  • Antérieurement, le muscle est recouvert par le fascia brachial superficiel et la peau.
  • Postérieurement, il recouvre le muscle brachial, dont il est séparé par une couche de tissu cellulo-graisseux. Dans cette région chemine notamment le nerf musculo-cutané, situé entre les muscles biceps brachial et brachial.
  • Latéralement, le bord du biceps brachial répond au faisceau antérieur du deltoïde puis, plus distalement, au muscle brachio-radial. Cette région est également en rapport avec le plan cutané, où chemine notamment la veine céphalique.
  • Médialement, circule de manière superficielle la veine basilique qui assure le retour veineux du bras. En dessous du fascia superficiel, se situe le canal brachial qui renferme des structures vasculo-nerveuses importantes :
    • Le nerf médian
    • L’artère brachiale
    • Les veines brachiales

Rapports anatomiques distaux

Au niveau du coude, le tendon distal du biceps brachial est en rapport avec plusieurs structures anatomiques.

  • Antérieurement, se trouvent le fascia brachial superficiel et le plan cutané.
  • Postérieurement, il répond au tendon du muscle brachial ainsi qu’à l’articulation du coude, au niveau de l’interligne articulaire.

À ce niveau, le tendon distal s’enfonce en profondeur et participe à la formation de deux sillons musculaires, délimités latéralement par le muscle brachio-radial et les muscles épicondyliens latéraux, et médialement par les muscles épicondyliens médiaux, notamment le rond pronateur.

  • Médialement, se situe la gouttière bicipitale médiale, dans laquelle cheminent le nerf médian, l’artère brachiale et les veines brachiales.
  • Latéralement, se situe la gouttière bicipitale latérale, qui laisse passer le nerf radial, le nerf musculo-cutané ainsi que l’artère récurrente radiale.

Innervation

Le biceps brachial est innervé par le nerf musculo-cutané, issu du faisceau latéral du plexus brachial et principalement des racines nerveuses C5 et C6. Certains anatomistes incluent également la racine C7 dans son innervation radiculaire.

Le nerf musculo-cutané émet une branche collatérale appelée nerf du biceps, qui se divise en plusieurs rameaux destinés à l’innervation des deux chefs musculaires du biceps brachial.

Certains rameaux issus du nerf supérieur du coraco-brachial peuvent également participer à l’innervation de la courte portion du biceps brachial dans sa partie proximale. Ce nerf constitue lui aussi une branche collatérale du nerf musculo-cutané.

Vascularisation

Le biceps brachial est principalement vascularisé par l’artère brachiale, principale artère de la région du bras, ainsi que par ses différentes branches collatérales.

Vascularisation du biceps brachial par l'artère brachiale et ses branches

Variations anatomiques

Le biceps brachial présente de nombreuses variations anatomiques d’un individu à l’autre. Celles-ci peuvent concerner son origine, son trajet, ses insertions ou encore le nombre de chefs musculaires qui le composent.

Agénésie musculaire

Chez certains individus, l’une des deux portions du biceps brachial peut être absente. Plus rarement, les deux portions peuvent être concernées.

Biceps brachial dissocié

Il existe parfois un biceps brachial dissocié, dans lequel les deux chefs musculaires ne fusionnent pas au niveau de la partie moyenne du bras.

Dans cette configuration anatomique particulière, les deux muscles conservent leur individualité et sont désignés sous les noms de :

  • Muscle coraco-radial pour la courte portion
  • Muscle gléno-radial pour la longue portion

Terminaisons accessoires

L’insertion distale du biceps brachial peut présenter des variations anatomiques. Des insertions surnuméraires ont notamment été décrites sur l’ulna ou sur le radius, en complément de l’insertion habituelle située sur la tubérosité radiale.

Muscle gléno-brachial

Le muscle gléno-brachial correspond à un faisceau musculaire accessoire qui s’étend de la partie supérieure de la cavité glénoïdienne, à proximité de l’insertion de la longue portion du biceps brachial, jusqu’au col chirurgical de l’humérus.

Connexions musculaires

De nombreuses connexions musculaires peuvent exister entre le biceps brachial et les muscles voisins, notamment le grand pectoral, le petit pectoral, le coraco-brachial, le brachial, le rond pronateur ou encore le brachio-radial.

Certains sujets présentent également un faisceau anastomotique reliant directement les deux chefs du biceps brachial.

Faisceaux surnuméraires

Le biceps brachial peut comporter un ou plusieurs chefs musculaires supplémentaires en plus de ses deux chefs habituels. Ces faisceaux surnuméraires peuvent prendre origine sur différentes structures anatomiques :

  • Le tubercule majeur
  • Le tubercule mineur
  • La coulisse bicipitale
  • La diaphyse humérale
  • Le grand pectoral
  • Le processus coracoïde
  • La capsule articulaire de l’épaule

Faisceau huméral

Le faisceau huméral constitue la variation la plus fréquemment décrite. Il serait présent chez environ 10 % de la population.

Situé sous les deux chefs physiologiques du biceps brachial, il prend généralement origine sur la partie antérieure de la diaphyse humérale ou sur la face antérieure du muscle brachial. Il se termine ensuite sur le corps musculaire ou sur le tendon distal du biceps brachial.

Structures fibreuses associées

Ligament transverse

Le ligament transverse est une structure fibreuse rencontrée au niveau du trajet du tendon du long biceps brachial dans la gouttière bicipitale, permettant de canaliser le tendon dans cette dépression osseuse et d’éviter sa luxation.

Fascia brachial

Le muscle biceps brachial est contenu, avec les autres muscles du bras, au sein du fascia brachial. Cette enveloppe fibreuse est divisée en deux loges musculaires par l’intermédiaire de cloisons fibreuses nommées septums intermusculaires.

Fascia antébrachial

L’expansion aponévrotique bicipitale est une structure fibreuse située sur la partie distale du muscle qui s’insère sur le fascia antébrachial médial et permet sa mise en tension.

Bourses synoviales associées

Bourse subacromiale

Au niveau de la voûte acromiale, où circule la partie tendineuse proximale du long biceps, se trouve une bourse synoviale permettant de favoriser les glissements du tendon en-dessous du ligament coraco-acromial.

Bourse bicipito-radiale

Au niveau de sa terminaison, se trouve la bourse bicipito-radiale qui protège le tendon distal des rugosités présentes sur la moitié antérieure de la tubérosité radiale.

Palpation du biceps brachial

Le biceps brachial est un muscle relativement facile à palper en raison de sa situation superficielle sur la face antérieure du bras. La mise en tension du muscle par une contraction résistée facilite l’identification de ses différentes portions ainsi que de ses tendons.

Palpation du corps musculaire

Étape 1 Installer le patient en position assise ou en décubitus dorsal selon les préférences.
Étape 2 Saisir la main du patient afin d’appliquer une résistance sur la paume.
Étape 3 Demander une flexion résistée du coude.
Étape 4 Observer l’apparition du relief musculaire sur la face antérieure du bras.
Étape 5 Palper le corps musculaire du biceps brachial, qui devient alors ferme, épais et arrondi sous les doigts.
Étape 6 À partir du relief musculaire principal, faire glisser les doigts de dedans en dehors afin de différencier les fibres musculaires de la courte portion, située plus médialement, puis celles de la longue portion, située plus latéralement.
Étape 7 Remonter progressivement vers la partie proximale du muscle afin d’identifier la zone où les deux chefs deviennent plus profonds.
Étape 8 Observer que cette région est progressivement recouverte par le muscle deltoïde, notamment par son faisceau antérieur.

Palpation du tendon distal et de l’expansion aponévrotique

Étape 1 Une fois le corps musculaire identifié, suivre celui-ci vers le bas.
Étape 2 Repérer la transition entre le corps musculaire et le tendon distal.
Étape 3 Poursuivre la palpation en direction de son insertion sur la tubérosité radiale.
Étape 4 Évaluer les limites du tendon, son orientation, son épaisseur et sa longueur.
Étape 5 Une légère supination résistée de l’avant-bras peut faciliter sa mise en tension et améliorer sa perception sous les doigts.
Étape 6 À partir du tendon distal, faire ensuite glisser les doigts vers le dedans.
Étape 7 Rechercher une structure fibreuse qui se dirige obliquement vers le dedans et le bas en direction du fascia antébrachial médial. Cette expansion aponévrotique devient généralement plus facile à percevoir lors de la contraction du biceps brachial.

Palpation du tendon proximal de la longue portion

Étape 1 Installer le patient en position assise ou en décubitus dorsal.
Étape 2 Placer les doigts sur l’acromion, puis les faire glisser d’environ deux centimètres vers le bas afin d’atteindre le tubercule majeur de l’humérus.
Étape 3 Avec l’autre main, saisir le bras du patient et réaliser une rotation latérale de l’épaule.
Étape 4 Lors de cette rotation, sentir les doigts glisser dans le sillon intertuberculaire.
Étape 5 Une fois ce repère identifié, demander au patient de réaliser une flexion résistée du coude.
Étape 6 Le tendon de la longue portion du biceps brachial peut alors être perçu sous les doigts lorsqu’il se met en tension dans le sillon intertuberculaire.

Repère anatomique de l’artère brachiale

Le biceps brachial est considéré comme un muscle satellite de l’artère brachiale. En effet, cette dernière chemine en profondeur du muscle, le long de sa partie médiale, ce qui fait du biceps brachial un important repère anatomique lors de l’examen clinique. Cette relation est notamment utilisée pour localiser et palper le pouls brachial, en comprimant l’artère contre l’humérus au niveau de la gouttière bicipitale médiale.

Tests cliniques du biceps brachial

Tests myotendineux

Les tests cliniques du biceps brachial permettent principalement d’orienter l’examen vers une atteinte de la longue portion du biceps, notamment une tendinopathie, une instabilité tendineuse ou une lésion du complexe labro-bicipital (SLAP). Ils ne permettent généralement pas, à eux seuls, de poser un diagnostic définitif, mais apportent des informations utiles lorsqu’ils sont associés à l’interrogatoire, à la palpation et aux autres éléments de l’examen clinique.

Test de Yergason

Le test de Yergason est utilisé pour rechercher une pathologie de la longue portion du biceps, notamment une tendinopathie du tendon proximal ou une instabilité de celui-ci dans la gouttière bicipitale. Il consiste à mettre en tension le tendon lors d’un mouvement de supination résistée de l’avant-bras afin de reproduire une douleur de la face antérieure de l’épaule ou de mettre en évidence un ressaut traduisant une instabilité tendineuse.

Étape 1 Installer le patient en position assise ou debout.
Étape 2 Placer le bras le long du corps.
Étape 3 Positionner le coude à 90° de flexion.
Étape 4 Placer l’avant-bras en pronation.
Étape 5 Stabiliser le bras du patient.
Étape 6 Demander au patient de réaliser une supination résistée de l’avant-bras.

Le test est considéré comme positif s’il reproduit une douleur au niveau de la gouttière bicipitale. La présence d’un ressaut ou d’un claquement peut évoquer une instabilité de la longue portion du biceps.

Test de Speed

Le test de Speed est utilisé pour orienter le diagnostic vers une pathologie de la longue portion du biceps, notamment une tendinopathie du tendon proximal ou une lésion SLAP. Il consiste à mettre en tension le tendon lors d’une flexion résistée de l’épaule. Bien que largement utilisé en pratique clinique, ce test présente une précision diagnostique limitée lorsqu’il est réalisé de manière isolée et doit être interprété en association avec les autres éléments de l’examen clinique.

Étape 1 Installer le patient en position assise ou debout.
Étape 2 Placer le membre supérieur en flexion d’épaule d’environ 90°.
Étape 3 Maintenir le coude en extension.
Étape 4 Positionner l’avant-bras en supination.
Étape 5 Appliquer une résistance dirigée vers le bas au niveau de l’avant-bras ou du poignet.
Étape 6 Demander au patient de maintenir la position ou de poursuivre la flexion contre cette résistance.

Le test est considéré comme positif lorsqu’il reproduit une douleur au niveau de la gouttière bicipitale ou de la face antérieure de l’épaule.

Uppercut Test

L’Uppercut Test est un test clinique développé plus récemment pour explorer les pathologies de la longue portion du biceps, notamment les tendinopathies, les instabilités tendineuses et certaines lésions SLAP. Il reproduit une contraction dynamique du biceps dans une position proche d’un mouvement d’uppercut en boxe. Comme les autres tests du long biceps, il doit être interprété en association avec les autres éléments de l’examen clinique.

Étape 1 Installer le patient en position assise ou debout.
Étape 2 Placer le bras le long du corps.
Étape 3 Positionner le coude à 90° de flexion.
Étape 4 Maintenir l’avant-bras en supination, poing fermé.
Étape 5 Placer une main au-dessus du poing afin d’exercer une résistance.
Étape 6 Demander au patient d’effectuer un mouvement rapide d’uppercut, en dirigeant le poing vers le haut tout en maintenant le coude fléchi.

Le test est considéré comme positif lorsqu’il reproduit une douleur de la face antérieure de l’épaule, un ressaut ou un claquement au niveau de la longue portion du biceps brachial.

Hook Test

Le Hook Test est le test clinique de référence pour rechercher une rupture distale du tendon du biceps brachial. Il consiste à vérifier la continuité du tendon au niveau de son insertion distale sur la tubérosité radiale. Chez un sujet sain, le tendon peut être facilement accroché par le doigt de l’examinateur, alors qu’il devient absent ou difficilement palpable en cas de rupture complète.

Étape 1 Installer le patient en position assise ou debout.
Étape 2 Positionner l’épaule en légère abduction.
Étape 3 Fléchir le coude à 90°.
Étape 4 Demander au patient de réaliser une supination active afin de mettre le tendon distal du biceps brachial en tension.
Étape 5 Introduire délicatement l’index par le bord latéral du tendon distal afin de tenter de le crocheter.
Étape 6 Le test est considéré comme positif lorsque le tendon ne peut pas être accroché, ce qui évoque une rupture complète du tendon distal du biceps brachial.

Tests neurologiques

Réflexe bicipital

Le réflexe bicipital est un réflexe ostéo-tendineux impliquant le muscle biceps brachial et permettant de tester le nerf musculo-cutané ainsi que la racine nerveuse C5.

Pour ce faire, le patient doit être relâché avec le coude légèrement fléchi.

Le clinicien maintient le coude en son pourtour en plaçant son pouce sur le tendon du biceps brachial. Il réalise, à l’aide d’un marteau à réflexes, une percussion sur son pouce qui engendre physiologiquement une flexion du coude.

Pathologies du biceps brachial

Tendinopathies du biceps brachial

Les tendinopathies du biceps brachial touchent principalement la longue portion du biceps, au niveau de son trajet dans la gouttière bicipitale. Elles correspondent à un continuum de lésions allant d’une ténosynovite inflammatoire aiguë à une tendinopathie dégénérative chronique.

Elles résultent le plus souvent de sollicitations répétées de l’épaule, en particulier lors des mouvements réalisés au-dessus de la tête, et sont fréquemment associées à d’autres pathologies de l’épaule, notamment aux lésions de la coiffe des rotateurs et aux lésions SLAP.

Cliniquement, elles se manifestent principalement par une douleur de la face antérieure de l’épaule, majorée lors des mouvements de flexion de l’épaule, de flexion du coude ou de supination résistée de l’avant-bras.

Instabilité du tendon de la longue portion du biceps brachial

L’instabilité du tendon de la longue portion du biceps brachial correspond à une perte de maintien du tendon dans la gouttière bicipitale, pouvant se traduire par une subluxation ou une luxation de celui-ci.

Elle résulte le plus souvent d’une atteinte des structures assurant sa stabilisation, notamment du ligament huméral transverse et des fibres du muscle subscapulaire. Cette pathologie est fréquemment associée aux lésions de la coiffe des rotateurs et peut provoquer une douleur de la face antérieure de l’épaule, parfois accompagnée d’un ressaut ou d’un claquement lors des mouvements de l’épaule. Le diagnostic repose sur l’examen clinique, complété si nécessaire par l’imagerie médicale.

Lésion SLAP (Superior Labrum Anterior to Posterior)

La lésion SLAP correspond à une atteinte de la partie supérieure du labrum glénoïdien, au niveau de l’insertion proximale de la longue portion du biceps brachial sur le tubercule supra-glénoïdien. Elle se caractérise par une déchirure plus ou moins importante de cette zone de fixation.

Cette pathologie est particulièrement fréquente chez les sportifs réalisant des mouvements répétés au-dessus de la tête, notamment les athlètes pratiquant les sports de lancer.

Son diagnostic peut être délicat. En effet, les tests cliniques proposés pour la mettre en évidence présentent souvent une spécificité limitée. De plus, l’imagerie médicale peut parfois conduire à des faux positifs en raison de la présence de variantes anatomiques courantes, telles que certains récessus physiologiques du labrum.

Dans la majorité des cas, un traitement conservateur est initialement privilégié. Celui-ci repose principalement sur la rééducation fonctionnelle et peut être associé à des infiltrations intra-articulaires de corticoïdes. Un traitement chirurgical peut être envisagé lorsque les symptômes persistent malgré une prise en charge conservatrice bien conduite.

Rupture proximale du tendon

Les ruptures tendineuses du biceps brachial sont rares et concernent généralement le tendon de la partie proximale de la longue portion. Cette lésion provoque le signe de Popeye, un signe clinique caractérisé par la présence d’une boule musculaire au niveau du bras lors de la flexion du coude, qui est la conséquence directe d’une rétraction inférieure du corps musculaire du long biceps brachial.

Rupture distale du tendon

La rupture distale du tendon du biceps brachial correspond à une désinsertion du tendon au niveau de son insertion sur la tubérosité radiale.

Plus rare que la rupture proximale, elle survient généralement lors d’une contraction excentrique brutale du biceps brachial, notamment lors du soulèvement d’une charge importante.

Cette lésion se manifeste par une douleur aiguë de la face antérieure du coude, souvent associée à une perte de force, en particulier lors de la supination de l’avant-bras, ainsi qu’à une diminution de la flexion du coude.

Le diagnostic repose sur l’examen clinique, notamment le Hook Test, complété si nécessaire par l’imagerie médicale.

Déchirure musculaire

La déchirure musculaire du biceps brachial correspond à une rupture partielle ou complète des fibres musculaires du muscle. Beaucoup plus rare que les atteintes tendineuses, elle survient le plus souvent lors d’une contraction brutale ou d’un étirement excessif, notamment au cours d’activités sportives.

Selon son importance, elle peut provoquer une douleur brutale, un œdème, un hématome ainsi qu’une diminution de la force de flexion du coude et de supination de l’avant-bras.

Le traitement est généralement conservateur pour les lésions partielles, tandis que les ruptures complètes peuvent exceptionnellement nécessiter une prise en charge chirurgicale.

Étirement du biceps brachial

L’étirement du biceps brachial repose directement sur ses principales fonctions. En effet, ce muscle participe à la flexion de l’épaule, à la flexion du coude et à la supination de l’avant-bras.

Pour l’étirer efficacement, il convient donc de réaliser les mouvements opposés, à savoir une extension de l’épaule, une extension du coude ainsi qu’une pronation de l’avant-bras.

Technique d’étirement

Étape 1 Position du patient : assis.
Étape 2 Le praticien se place derrière le patient.
Étape 3 Une main est positionnée en pince sur l’articulation acromio-claviculaire afin de stabiliser l’épaule.
Étape 4 L’autre main saisit l’avant-bras puis amène progressivement l’avant-bras en pronation et le coude en extension.
Étape 5 Le bras est ensuite mobilisé progressivement en extension d’épaule jusqu’à atteindre une tension d’étirement confortable et supportable pour le patient.
Étape 6 La position est maintenue entre 15 et 30 secondes, puis peut être répétée 3 à 5 fois selon les objectifs thérapeutiques et la tolérance du patient.

Technique d’auto-étirement

Pour réaliser un auto-étirement du biceps brachial, placez le bras en arrière du corps, coude tendu et avant-bras en pronation, en prenant appui avec la main sur un support stable, comme une table.

En position fente, faites ensuite progressivement avancer le poids du corps vers l’avant afin d’augmenter l’extension de l’épaule et d’ajuster l’intensité de l’étirement. La tension doit être ressentie sur la face antérieure du bras et de l’épaule.

Maintenez la position pendant 15 à 30 secondes, puis répétez l’exercice selon vos objectifs.

Exercices pour le biceps brachial

Le biceps brachial est l’un des muscles les plus connus du corps humain et constitue souvent une priorité chez les pratiquants de musculation en raison de son importance dans l’esthétique du bras.

Grâce à son rôle dans la flexion du coude et la supination de l’avant-bras, il est fortement sollicité dans de nombreux exercices du membre supérieur. Parmi les plus populaires figurent le curl avec haltères, le curl à la barre ainsi que les tractions en supination, qui permettent une importante activation du muscle.

D’autres exercices peuvent également cibler plus spécifiquement le biceps brachial. C’est notamment le cas du curl incliné, qui place le muscle en position d’étirement en augmentant l’extension de l’épaule, ou encore du drag curl, qui réduit la participation du deltoïde antérieur et accentue le travail du biceps brachial.

À l’inverse, certains exercices sollicitent davantage d’autres muscles fléchisseurs du coude. Les mouvements réalisés en prise neutre, comme le curl marteau, ou en pronation, comme le curl inversé, augmentent notamment la participation du muscle brachio-radial et du muscle brachial, réduisant ainsi la contribution relative du biceps brachial.

D’un point de vue biomécanique, les exercices associant une flexion du coude à une supination de l’avant-bras sont généralement ceux qui recrutent le plus spécifiquement le biceps brachial, cette combinaison correspondant à ses deux principales fonctions dynamiques.

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